Pour une viticulture robuste : Produire mieux en garantissant la durabilité économique
- 12 mars
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Dans le contexte du changement climatique, sur les 3 derniers millésimes, 2 ont été éprouvants en ce qui concerne la gestion des adventices et la maîtrise du mildiou à Bordeaux. La pression a été inédite, la lutte mise en œuvre acharnée pour des résultats souvent décevants.
Par ailleurs, la crise qui touche actuellement le vignoble Bordelais a des conséquences économiques importantes pour de nombreuses exploitations viticoles et les oblige à adapter leurs pratiques aux contraintes financières et de main d'œuvre.
Dans un même temps, l’obligatoire transition vers davantage d’entretien mécanique des sols et de recours à des stratégies bio / biocontrôle se révèle couteuse, gourmande en main d’œuvre et risquée, tandis que la pression règlementaire augmente fortement.
Il va donc falloir trouver le bon compromis technico-économique pour pérenniser ces structures !
Le Groupe 30 000 Viticulture Robuste
Présentation du collectif

Le Groupe 30 000 « Pour une Viticulture Robuste », reconnu le 18/08/2025, est composé de 16 exploitations viticoles localisées en Gironde, pour lesquelles la valorisation économique ne permet pas une augmentation non maîtrisée des coûts de production. La surface moyenne plantée en vignes des exploitations membres du Groupe est de 32 ha.
Les participants s’engagent pour 3 ans à travailler ensemble dans le but de réussir leur gestion des adventices tout en limitant le recours aux herbicides et d’augmenter la part des produits de biocontrôle dans leurs stratégies de protection phytosanitaire, tout en sécurisant leurs rendements.
Le Groupe 30 000 Viticulture Robuste est animé par Nathalie POPPE, responsable technique chez Phloème. Depuis plus de 20 ans, Nathalie anime des réseaux d'observations, assure la veille technique et règlementaire, met en place des outils d'aide à la décision et rédige des bulletins d'informations à destination des viticulteurs.

Objectifs du groupe
Le projet du collectif est d’accompagner les viticulteurs vers des pratiques plus agroécologiques, afin qu’ils améliorent leurs performances, tout en rationalisant les coûts et l’organisation du travail et en maintenant leur rentabilité.
Durant 3 ans, le Groupe 30 000 Viticulture Robuste devra contribuer à absorber les contraintes règlementaires, en préservant ou en améliorant la rentabilité économique des exploitations membres, au travers de 4 objectifs :
Maîtriser les adventices avec des itinéraires d’entretien du sol économiquement acceptables et économes en herbicides,
Augmenter l’usage du biocontrôle, en remplaçant dès que possible les produits de lutte conventionnels,
Augmenter la fertilité et la couverture des sols,
Réfléchir à la valorisation des parcelles de vignes arrachées à long terme.
Axes de travail et leviers
Le Groupe 30 000 Viticulture Robuste mettra en œuvre, collectivement et/ou individuellement, les axes de travail suivants, en gardant en ligne de mire le maintien des rendements :
Maitrise des adventices :
Désherbage mécanique, enherbement et tonte du cavaillon, sans multiplier les passages et en limitant le recours aux herbicides,
Choix des outils et des itinéraires adaptés, avec les bons réglages,
Connaissance des cycles des adventices afin d’intervenir au bon moment.
Optimisation des traitements :
Grâce à l’amélioration de la qualité de pulvérisation,
Remplacement d’une partie des produits phytopharmaceutiques conventionnels par des produits de biocontrôle ou des substances de base contre l’oïdium et les ravageurs (eudémis, cicadelle des grillures).
Les IFT (Indicateurs de Fréquence de Traitements) des membres du groupe étant déjà faibles (IFT régional de référence hors biocontrôle hors herbicides : 16,54), le but n’est pas forcément d’utiliser moins d’intrants mais de mieux les valoriser.

Amélioration de la couverture et de la fertilité biologique et organique des sols :
Développement et maitrise de la pratique des couverts végétaux,
Optimisation de la fertilisation organique et de son pilotage.
Réflexion sur le devenir des vignes arrachées :
Etude de voies de diversification, accès à des ressources techniques et économiques.
Au cours de ces 3 ans de travaux, plusieurs actions concrètes seront donc proposées aux participants :
Diagnostic agroécologique initial et mise à jour annuelle des indicateurs,
Formations adaptées avec des experts dans leur domaine,
Ateliers pratiques de terrain,
Rallyes découverte des pratiques,
Webinaires,
Visites individuelles.
Le diagnostic agroécologique initial du Groupe 30 000 Viticulture Robuste
L’audit agroécologique individuel est une étape obligatoire au démarrage du projet. Cette étape a été conçue pour engager une réflexion sur les performances, les pratiques, et estimer le degré d’engagement dans l’agroécologie au départ des 3 ans de travaux de chacune des exploitations membres.
Il est basé sur l’outil « DIAGAGROECO » développé par l'ACTA (Association de Coordination Technique Agricole) et a été enrichi par Phloème afin de tenir compte des spécificités de la viticulture. Il comprend environ 250 questions qui ont été organisées autour de 7 thèmes. Pour la synthèse et l'interprétation du diagnostic, nous avons repris les critères d'évaluation du diagnostic DIAGAGROECO.
Nous avons représenté la synthèse de l’état des pratiques agroécologiques du groupe regroupées sous 10 thématiques et la synthèse des performances sur 7 items sous forme de diagrammes radars. Chaque thématique constitue l'un des axes du radar et le résultat obtenu est affiché en considérant le centre du radar comme la valeur 0 et son bord extérieur comme la valeur 100. On représente bien ici les moyennes des 16 exploitations du groupe.
Les résultats obtenus permettent d’affiner les axes de travail individuels des membres du groupe. Une mise à jour des indicateurs sera réalisée annuellement afin de mesurer l’évolution des pratiques et performances.


Les indicateurs de suivi du Groupe 30 000 Viticulture Robuste
Des indicateurs techniques :
IFT détaillé,
Consommation de cuivre (g/ha/an),
Consommation de glyphosate (g/ha/an),
Part du biocontrôle (%),
Nombre de passages tractorisés protection phytosanitaire / an,
Nombre de passages tractorisés entretien du sol / an,

Surfaces en couverts végétaux (ha).
Des indicateurs qualitatifs :
Etat phytosanitaire à la vendange,
Performance de l’entretien du sol.
Des indicateurs économiques et sociaux :
Coût de la protection phyto (€/ha),
Rendement réalisé / rendement objectif (%),
Chiffre d’Affaires (€/ha),
Charge de travail.
Des indicateurs environnementaux :
Taux de couverture des sols (%),

Consommation GNR totale (hors chauffage, anti-gel) et par types de travaux mécanisés (l/an ou l/passage).
Les Groupes 30 000, une initiative du plan Ecophyto
Phloème s'inscrit dans le cadre du plan national Ecophyto qui vise à accompagner 30 000 exploitations agricoles dans leur transition vers l'agroécologie. Le principe d’utiliser les démarches collectives comme moteur du changement des pratiques vers une agriculture moins dépendante des intrants phytosanitaires, mais qui doit rester performante, nous semble pertinent.
Notre mission : proposer un accompagnement technico-économique, collectif et individuel poussé, et faire de ce Groupe 30 000 un laboratoire d'expériences de terrain et d'analyse des pratiques afin de pouvoir ensuite diffuser les pratiques intéressantes au plus grand nombre.



